
maison de l'architecture de haute savoie
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conférence
8 juin 2011
l’EPI2A site LES PAROUSES, 13 rue Marius Vallin, 74000 ANNECY
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avec Isabelle Dupuis-Baldy, présidente de la maison de l’architecture de Haute-Savoie, Jérôme Azau, directeur de la Fondation Mont-Calme à Lausanne, René Cheminot, directeur de l’Établissement Public Intercommunal de l’Agglomération d’Annecy (EPI2A), - Pierre Marie Chapon commissaire de l’exposition « Architecture et grand âge » et chargé de recherche ICADE, Jean François Wolff architecte, membre de la MA74, concepteur de l’EHPAD de Divonne les Bains et Les Coquelicots à Rumilly, Marie-Hélène Angelloz-Nicoud directrice de l’EHPAD Joseph AVET maître d’ouvrage d’un projet d’extension restructuration, Pascal Legrand architecte représentant de l’ordre des Architectes Rhône-Alpes et concepteur du site La Bartavelle à MEYTHET
Qu'est-ce qu'une personne très âgée peut espérer pour avoir une douceur de vie ? Architectes et directeurs d'établissement réfléchissent à d'autres modèles que celui de l'enfermement ou du tout sécuriser par des codes d'accès, des sols lisses comme un plateau de billards voués à rendre les personnes de plus en plus dépendantes. Entre l'adaptabilité des locaux à une mobilité réduite et la lutte contre la dépendance, des alternatives prennent forme. Les architectes savent composer de véritables lieux de vie répondant aux réglementations très contraignantes des EHPAD.
On observe une globalisation des réponses dans le monde entier faisant face à un même contexte : héberger un nombre grandissant de personnes très âgées, maîtriser les coûts de cet hébergement. Reste une réflexion à mener en amont sur le grand âge. Anticipation des choix sur le mode de vie que nous souhaitons pour cette dernière tranche de vie, élaboration de nouveaux modèles d’habitat, introduction de la mixité avec des crèches d’enfants ou des activités proposées à d’autres publics au sein des EPHAD, inclusion de la notion de risque dans l’accompagnement : autant de pistes de réflexion lancées par des professionnels du secteur médico-social et des architectes suisses et français.
Jérôme Azau : Cessons de traiter la vieillesse uniquement sous l'angle médical, il faut inventer une vision socio-éducative du grand âge et voir le vieillissement autrement qu'à travers le cadre médical.
Ne laissons par nos vieux vivre en stabulation libre. Notre établissement médico-social est une antithèse architecturale : un ancien hôpital avec des chambres à 2 lits et parfois 5. Il nous reste des possibilités d'ouverture dans la façon de gérer le centre.
On veut souvent des établissements complètement aseptisés et sécurisés. Résultat ? Nos résidences sont devenues tellement propres et lisses qu'elles sont hermétiques à la vie !
Imaginons autre chose qu'une réponse à des règles de sécurité. N'ayons pas peur de réintroduire la notion de risque. Au centre-ville de Lausanne, nous avons parfois des résidents fugueurs. Nous signalons leur disparition à la police en leur fournissant une photo, ils nous ramènent ces résidents partis en escapade, où est le problème ? Ils sont contents de leur sortie et cette échappée est sans gravité. Beaucoup de personnes âgées ne supportent pas d'être coupées de la ville.
Pascal Legrand : L'ambiance du lieu est l'unique élément laissé libre à l'architecte. À Meythet, nous avons joué sur le contraste entre des chambres très intimes et des parties communes entièrement ouvertes sur la ville afin que les résidents restent autant que possible accrochés à la vie qui continue.